dimanche 17 février 2008

Sans fin


La promenade est longue, surtout les jours d’hiver.
Passent les hommes tristes, sous les ponts de Paris.

Je marche dans un silence, les bras lourds.
Le vent crie et s’élève contre la vie,
Tandis qu'en pressant le pas, je brûle mon ennui.

Les rues sont sans fin et courir me tue
Mais je ne vis que fatiguée
Quand rien d’autre ne pèse que le sommeil évanoui.

dimanche 3 février 2008

Dans un an, un mois, un jour


Nicolas de Staël, "Le Parc de Sceaux", 1952.

J’ai trop bu le monde
Avalé vos paroles

Dans un gouffre de solitude
Je n'ai plus compté le temps
Que ma respiration calée sur vos vies.

Puis je me suis tu
Pendant un jour, un mois, un an.

J’ai trop traîné dans vos quartiers
J’ai senti vos murs
Et leurs coins peuplés de nuisibles
Mes démons ne côtoient pas les vôtres
Fuient leur ombre
Sans relâche
Depuis un jour, un mois, un an

La nuit est noire dans vos ruelles,
La mienne est faite de lumières qui s’agitent
La mienne est nue
La mienne me tue.

Dans un souffle j’aimerais revenir
Et debout, fiere me tenir

Même si le froid
Même si la pluie
J’irai visiter vos villes
Peut-être d’ici
Un an, un mois, un jour.

dimanche 20 janvier 2008

Chanter en silence



C'est silencieux dehors.
Une petite fille joue et appelle la vie
En imitant le chant des oiseaux.

C'est un vacarme dedans.

Des arbres immenses, implorent le vent de souffler dans leurs branches nues,
Vivant de l'espoir, d'y voir un jour,
S'y poser quelques oiseaux.

Il y a une petite fille dehors.

Dedans une femme en silence.
Étouffée par son désir muet
Elle rêve de se vêtir de feuilles.

La bouche close elle songe

Nos vies sont des silences trop longs

Et se souvient des oiseaux,
Un jour sur la branche.